Prêt(e) à faire LA belle
rencontre ?


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« Dieu fait toute chose bonne en son temps » (Qo 3, 11)

« La patience paie » me rappelle avec humour le carton de mon sachet de thé matinal, alors même que je retournais dans mon esprit tout ce que je « devrais » faire dans cette journée, comme il m’arrive bien souvent.

La sentence muette du temps semble résonner sournoisement pour ceux qui espèrent une vraie rencontre. Se réconcilier avec le temps, le regarder comme un allié, vivre l’attente sereinement relève parfois d’une véritable conversion. Et si c’était la clé pour vivre de belles relations ?

L’angoisse du temps qui passe

L’attente est à rebours de la course folle de notre monde, où tout se vit dans l’éclatement, en rupture avec nos rythmes biologiques. Nous sommes éclatés par les sollicitations permanentes de nos smartphones, nous sommes éclatés par l’urgence permanente, souvent sans fondement, dans nos mondes professionnels. Nous sommes éclatés par la course à la performance, à l’image de soi, au flux incessant des réseaux sociaux. Cette course folle non seulement nous met en contact en permanence avec un sentiment diffus d’échec, mais elle nous coupe aussi de notre rythme intérieur si singulier.

L’angoisse du temps qui passe se fait plus pressant pour les femmes quand l’horloge biologique sonne, elle n’est pas moins vrai pour les hommes qui voient avec envie leurs amis goûter aux joies de la paternité. Certains célibataires peuvent ainsi traverser des deuils douloureux : celui de la fertilité ou celui d’un projet de famille idéale. Ces deuils demandent une véritable attention et délicatesse. Ils nous rappellent que la vie et l’amour sont un don et que rien ne nous appartient en propre.

Pourtant l’agitation, la course aux solutions, la multiplication des rencontres empressées aident-elles véritablement ? L’amour n’est pas un concours que remporteraient uniquement ceux qui en sont dignes. Le couple ne définit pas ce que nous sommes, notre valeur ne repose pas sur l’amour exclusif d’un autre être. Au risque de s’emparer de l’autre, d’accélérer la rencontre pour combler le vide.

« La peur de manquer nous fait passer à côté de l’essentiel » écrivait Etty Hillesum. Dans l’attente de la rencontre nous nous confrontons bien souvent à cette angoisse du vide, à cette peur de descendre dans l’intime, de se confronter à nos désirs les plus profonds mais aussi à nos blessures anciennes : peur du rejet, de l’abandon, de la trahison… C’est cette angoisse du vide qui nous fait parfois nous lancer dans des relations bancales ou immatures, faites de dépendances, de chantage, de possessivité, d’oubli de soi.

Le temps, un allié ?

Le temps peut au contraire nous être offert pour cicatriser de blessures. Les ruptures, par exemple, ne nous laissent jamais indemnes, elles arrachent un peu de notre « peau psychique » au passage, telles des déchirures qui ne suivent jamais une ligne claire. Le réflexe est souvent de se « remettre en selle » pour ne pas descendre dans toute cette douleur alors qu’en réalité nous ne sommes pas toujours pleinement disponibles intérieurement. La rupture peut au contraire, lorsque l’on s’accorde douceur et patience, être une expérience de croissance humaine et spirituelle profonde.

Pour cicatriser comme pour croître, cela demande du temps. Je ne parle pas là du retour permanent en arrière, des regrets de relations anciennes ou de relations qui n’ont même pas existé. Ces ressassements ne vont pas dans le sens de la croissance et de la vie. Je parle de la délicate patience que demande notre humanité sur le plan physique, psychique et spirituel. Comme le rappelle Christiane Singer : « Ne vous jugez pas sur le chemin de votre évolution. Ne vous évaluez pas sans cesse. Une plante pousse difficilement si vous la déterrez tous les matins pour vérifier l’état de son enracinement ».

Le temps est un allié s’il nous permet d’interroger notre désir profond. Le désir nous concerne toujours singulièrement, et nous aurions tort de croire que la vie du voisin ou de la voisine est la réponse à ce désir qui nous habite. Le désir de la rencontre nous renvoie au désir d’alliance présent au cœur de tout être humain. Or l’alliance n’est ni la fusion, ni la simple cohabitation. L’alliance est une danse, un mouvement à initier, une invitation à être suivi ou à rejoindre l’autre, à se retrouver, à s’attendre, à esquisser de nouveaux pas. Elle se tisse sur le fil de nos natures singulières, elle requiert deux êtres capables de danser ensemble.

Le temps nous permet de découvrir quel danseur nous sommes et à quelle chorégraphie nous aspirons. C’est un temps pour être libre des conventions, des attentes extérieures, des pressions de notre environnement, de nos croyances limitantes pour se recentrer sur l’essentiel et sur ce désir singulier qui nous appelle.

Habiter le présent

L’attente est aussi un temps pour soi, pour s’accorder de la bienveillance et de l’émerveillement. Comme le rappelle la psychopraticienne Géraldyne Prévot-Gigant « on ne nous a pas appris à nous aimer mais à nous faire aimer ». C’est en cela que bien souvent nous faisons fausse route, tentant de correspondre aux autres, de porter des costumes qui ne nous vont pas. Or l’amour suppose la vérité et l’ouverture, et cela n’est possible que si nous sommes au contact de notre vulnérabilité.

Le présent peut servir à faire de la place, à faire le tri dans nos engagements, nos activités et nos relations. Certaines nous dispersent, nous épuisent, occupent notre peur du vide, nous empêchant d’être disponible pour accueillir. « Recevoir ce n’est jamais prendre, c’est me donner à ce qui vient. En m’offrant je m’ouvre et je deviens un espace où l’Intime en moi peut atterrir » rappelle Frank Andriat.

Habiter le présent c’est donc s’accorder du temps pour soi, se relier à soi et à l’Intime en soi dans une véritable écoute intérieure. « L’amour ce n’est jamais me rassurer, c’est faire confiance » (Frank Andriat) et s’offrir dans une vraie qualité de présence. Comme la joie appelle la joie, l’amour appelle l’amour. C’est par notre disposition intérieure que nous attirons à nous ce qui fait languir notre cœur.

Du temps pour l’autre ?

« Lorsque je rencontre une personne, tout va souvent trop vite. Je suis en face de quelqu’un et je ne prends pas le temps de me demander qui est en face de moi, pas pour l’analyser, le mettre en boîte, le réduire à une formule, mais pour le savourer, le déguster, le ressentir vraiment en vie en lui et en moi. Qui es-tu toi qui viens à ma rencontre ? Qu’est-ce que ton existence me raconte ? » écrit Frank Andriat. Le mouvement de l’amour passe par l’offrande et l’accueil. Plus on est à l’écoute de soi et plus l’on est véritablement à l’écoute de l’autre. On cesse de s’emparer de l’autre pour combler son manque, on prend le temps de découvrir, de s’émerveiller, d’accueillir ce qu’il nous offre, de se laisser transformer par la rencontre.

La patience n’est pas pour autant de la passivité, elle est plutôt de la disponibilité. Il s’agit de consentir à être bousculé quand une vraie rencontre se présente.

Et l’espace ?  

L’amour s’inscrit autant dans le temps que dans l’espace. Il s’agit toujours de laisser un espace entre l’autre et soi. Car l’amour ce n’est ni moi, ni l’autre, mais c’est ce qui existe et court entre nous.

L’auteure de l’article

Claire de Saint Lager

Il s’agit de la fondatrice d’Isha formation. Elle accompagne particulièrement les femmes pour renouer avec le féminin et leurs désirs profonds, pour retrouver l’unité et rayonner.

Elle a ainsi créé différents parcours pour les femmes (les sessions Isha notamment) et les jeunes filles (le parcours Graine de Femme). Elle est aussi l’auteur de deux essais La Voie de l’Amoureuse (Artège, 2017) et plus récemment Comme des colonnes sculptées (Emmanuel, 2020), un essai sur l’attente et l’espérance dans l’expérience des célibataires qui ont le désir du mariage. Un essai à destination des hommes comme des femmes.

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